mercredi 10 juin 2009

Retour sur un fiasco

Le conseil national du Parti Socialiste se réunissait hier soir pour analyser les résultats des élections euroopéennes et d'un véritable fiasco. Le résultat ne s'est pas fait attendre : un conseil de sages pour garder les éléphants, l'annonce d'une nouvelle direction plus resserrée, des commissions... bref, des annonces qui paraissent bien décalées au regard du message pourtant très clair adressé par les électeurs. Laissons tomber les discours factices : parfois, la vie de militant n'est pas rose. Ces dernières semaines, voyant se dérouler la campagne socialiste, elle était devenue lourde à porter ! Je ne reviens pas sur l'élaboration de nos listes, qui était une caricature de démocratie interne et un mépris à l'égard de nos territoires. Tout a été dit sur ce sujet. Puis vînt le temps de la campagne. Que retiendra-t-on de celle du Parti Socialiste ? Le meeting du Rezé, près de Nantes, pour sceller la réconciliation Aubry Royal. Et celui organisé la dernière semaine, réunissant les quadras du Parti, autour d'un mot d'ordre : "il faut sauver Benoît Hamon"... Comment espérer mobiliser l'électorat populaire autour de ces deux questions, qui, franchement, illustraient jusqu'à l'excès un parti englué dans l'oscultation de son nombril ! Comment penser que les électeurs allaient venir dans les bureaux de vote pour nous dire que nous devions nous rassembler et dépasser nos clivages. Comment imaginer une seconde que l'électorat populaire, frappé par la baisse du pouvoir d'achat et par l'explosion du chômage, n'allait pas nous adresser une gifle magistrale quand nos préoccupations existentielles tournent autour du retour dans le secteur privé d'un député européen qui risque de ne pas retrouver son siège ! Les électeurs ont dit au Parti Socialiste ce que beaucoup de militants disent depuis des années, dans le vide. Ils doivent être entendus ! Et dès maintenant. En 2010 auront lieu les élections régionales. C'est un rendez-vous capital. Pas question d'attendre je ne sais quelle rénovation tant annoncée et jamais arrivée si ce n'est au travers de discours creux. Mettons-nous au travail, dès maintenant. Ouvrons les portes de nos sections, associons tous les citoyens pour évaluer le bilan de la majorité régionale, élaborons notre projet dans la transparence et dans le dialogue. Bref, n'oublions pas la campagne européenne... et faisons l'inverse !

lundi 4 mai 2009

Maison de Pays... et des paysans

Inaugurée samedi dernier, l’exposition « Jeunes paysans, un mode de vie » rassemble une cinquantaine de clichés réalisés par le photographe Pablo Chignard. Durant 4 ans, il a suivi le quotidien de trois jeunes paysans, Guillaume, Mathieu et Sébastien. L’un est à servant, l’autre à Saint-Hilaire-la-Croix, le troisième à Montcel et à Blot. Incontestablement, ce travail réhabilite l’image du paysan. Dès lors, il est impossible de parcourir l’exposition sans penser à ce qui s’est passé à Teilhet, dans un premier temps dans l’indifférence générale et l’omerta, puis sous les feux des médias nationaux, trop ravis de relayer les mœurs sauvages de la vie rurale… Naturellement, la Maison de Pays n’a pas pour vocation à se substituer aux institutions qui doivent faire la lumière sur cette triste affaire. En revanche, il est de son rôle de faire la lumière sur le monde paysan, sur les réalités humaines, sur la difficulté du métier, sur cette complicité entre l’homme et la nature. En accueillant cette exposition, spécialement créée à cette occasion, la Maison de Pays fait œuvre utile, et derrière la qualité des clichés, elle rappelle qu’il ne peut y avoir de Pays sans Paysans. L'exposition est présentée jusqu'à la fin juin ! Maison de Pays - Office de tourisme de Menat, pont de Menat. Fermeture hebdomadaire le lundi.

vendredi 24 avril 2009

A tous ceux et à toutes celles qui pensent que le style de Nicolas Sarkozy ne pose pas de problème...

Sarkozy, entre insultes et vulgarité
Vidéo envoyée par DjHub78

mardi 24 mars 2009

Les enseignements de deux ratés

A peine remis du pathétique et grotesque congrès de Reims, le Parti Socialiste peine à trouver le ton juste, et ce malgré son rassemblement. Deux exemples.
Le premier est la désignation des candidats aux prochaines européennes. La question n'est pas de savoir si la direction actuelle a été confortée ou désavouée. Le véritable enseignement, c'est qu'une très grande majorité des militants socialistes ne s'est pas déplacée. Quelles en sont les causes ? Une volonté de boycotter ? Un désintérêt pour la construction européenne ?
Le deuxième exemple est tout aussi éclairant. Ce dimanche avait lieu au Zénith un "grand" rassemblement pour dénoncer les atteintes aux libertés publiques. Le thème est plutôt fédérateur, avouons-le. Les images laissant entrevoir un Zénith quasiment vide ont là aussi montré que les militants ne s'étaient pas déplacés.
Il est intéressant de mettre en parallèle ces deux "événements". A mes yeux, ils illustrent une mutation du militantisme. En donnant largement la parole aux militants et aux citoyens, Ségolène Royal a fait entrer la démocratie participative dans la culture politique. Et tout ce qui est en retrait par rapport à cette liberté retrouvée est définitivement boudé par les militants.
On aurait pu en faire des acteurs du projet européen, on aurait pu, en amont, les associer au choix des candidats. Au lieu de cela, on présente des listes bouclées en leur disant que leur avis ne changera pas grand-chose. De la même manière, on aurait pu associer tous les militants dans la préparation d'une grande campagne de mobilisation pour la défense des libertés. Au lieu de cela, on les convie à venir assister à la présentation d'un livre déjà imprimé. Quel que soit l'intérêt de l'ouvrage, la méthode n'est guère mobilisatrice.
La proximité de ces deux ratés a sans doute un intérêt. Elle favorisera, espérons-le, une prise de conscience d'un appareil politique trop recroquevillé sur lui-même.

dimanche 1 mars 2009

Euopéennes : les militants socialistes doivent s'exprimer

Le 12 mars, les militants socialistes voteront. La démocratie ayant ses limites, ils sont amenés à approuver, ou non, les listes déjà validées par le conseil national pour les européennes... La liste de la région Centre, elle, brille par son déséquilibre. Cette région électorale est composée en réalité de trois régions administrative : l'Auvergne, le Centre, le Limousin. Aujourd'hui, trois députés socialistes européens sont représentatifs de cet équilibre : Catherine Guy-Quint pour l'Auvergne, André Laignel pour le Centre, Bernadette Bourzaï pour le Limousin. Visiblement, cet équilibre a été rompu, sacrifié sur l'autel des combinaisons de courants et de congrès.
Ayant promis un poste de député européen au premier fédéral du Nord lors du dernier congrès, la première secrétaire a provoqué un jeu de chaises musicales qui, chez nous, prend des allures de séisme.
Bras droit, ou bras gauche, de Fabius, Henri Weber quitte la Normandie pour être tête de liste dans notre région. Là encore, pas question de fâcher l'allié du congrès... Or les calculs sont simples : trois régions, trois députés européens socialistes, et vraisemblablement deux en juin prochain, car la moisson sera sans doute moins bonne... L'arrivée d'un candidat venu d'une autre région conduit naturellement une région à être sacrifiée. Le résultat : sur 5 titulaires et 5 suppléants, aucun représentant du Limousin dans la proposition qui sera faite aux militants. Très sérieusement, cette liste pourra-t-elle être celle qui sera finalement présentée devant les électeurs en juin prochain. Peut-on faire l'impasse sur le Limousin, de ce qu'il représente dans l'histoire de la gauche ? Pour moi, soyons clairs, il ne s'agit pas de faire barrage à un parachutage. Attention aux discours que véhiculent de tels réflexes. En revanche, nous devons dire que nous ne pouvons pas ignorer la juste représentation de nos territoires et que la liste validée par le conseil national n'est pas acceptable en l'état. Ignorer le Limousin, ce n'est pas seulement un signe de mépris. C'est une erreur politique grave alors que la tête de liste UMP est issue de cette région. Et ce serait une erreur stratégique profonde car ce territoire a besoin d'être défendu et entendu dans les politiques européennes. Réforme de la politique agricole commune, affirmation de l'identité du Massif central pour peser au niveau européen, défense des services publics à l'échelle européen, combat qui est porté avec force dans nos territoires, dans des départements tels que la Creuse.
Le 12 mars, je ne voterai donc pas cette liste. Et j'espère que, in fine, le conseil national reverra sa copie, pour que nous soyons enfin en mesure de bâtir l'Europe de tous les territoires, l'Europe de tous les citoyens.

vendredi 27 février 2009

Emissaire spécial, Jack se démène...

Nicolas Sarkozy vient de nommer Jack Lang émissaire spécial pour engager des discussions avec Cuba. Bon, on pourra souligner à loisir que les titres et les honneurs sont, pour Jack Lang, des objets de survie. Mais ne fait-il pas aller plus loin et, même si cela peut surprendre, saluer cette initiative en ne se limitant pas à son aspect tactique. L'embargo imposé à Cuba a-t-il encore un sens en 2008 ? On sait parfaitement quels ont été son impact, par exemple dans les domaines de la sécurité alimentaire et de la santé publique. A de très nombreuses reprises, l'Assemblée générale des Nations Unies a demandé la levée de cet embargo. Sans résultat. Quelques conséquences de l'embargo : aujourd'hui, Cuba n'accède pas à la moitié des nouvelles molécules présentes sur le marché mondial. Quant au rétroviral Ritonavir et au Lopinavir+Ritonavir, utilisés dans le traitement du sida, ils coutent 47 700 $ aux Etats-Unis., contre 280 400 $ à Cuba, soit 6 fois plus.
Aujourd'hui, la levée de l'embargo est une perspective crédible. Pour deux raisons : l'arrivée d'Obaham et de son administration. Mais surtout, la découverte d'un important gisement de pétrole dans les eaux cubaines du golfe du Mexique. Eh oui, diplomatie et cynisme marchent d'un même pas...
Du coup, l'arrivée de Jack Lang est un geste de plus dans une brèche déjà ouverte. Sarkozy pourra, dans quelques mois, gonfler le torse et revendiquer la levée de l'embargo à son actif. Certains y croiront. Les mêmes, sans doute, qui pensaient que cet embargo était efficace pour faire plier le régime castriste...

lundi 16 février 2009

Malmené, l'Outre-mer manifeste

Neuf intellectuels antillais viennent de lancer un manifeste. Un texte littéraire et politique qui plaide pour un modèle économique alternatif laissant une large place à la réflexion écologique. il serait bon que la gauche lise et relaie ce texte. il serait bon que le Parti Socialiste, émiété, retrouve force et vigueur et nomme enfin un secrétaire national à l'Outre-mer car ce qui se passe en Guadeloupe, ce qui se passe en Martinique, ce qui commence à La Réunion, constituent des événements pouvant jeter les bases d'une nouvelle donne. Pour ma part, j'ai travaillé durant près d'un an en Guadeloupe. C'était en 1990. Dans la foulée du cyclone Hugo qui avait dévasté cette île. Sur place, on se rend compte du poids de l'histoire, de cette société éclatée faite de non-dits et de petits arrangements. Et on s'étonne. On s'étonne de la capacité des Guadeloupéens à accepter. On s'étonne de voir les fonctionnaires bénéficier d'une prime pour éloignement mais les plus pauvres devoir se contenter de minimas sociaux inférieurs à ceux de la métropole. Déjà, le système paraissait à bout de souffle, condamné. Il est en train de craqué. Reste à savoir ce qui va naître demain. Ce texte est là pour nous éclairer... Il trace des solutions pour là-bas, et pour ici. Preuve que nous avons à apprendre de ces territoires lointains.
«C’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s’est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n’est illégitime. Aucune n’est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu’elle représente, ni dans ce qu’elle implique en relation avec l’ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d’avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu’alors s’était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle — à savoir les luttes jusqu’alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales... Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj — qui est d’allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé — est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d’ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l’on peut saisir l’impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité. Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent. Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d’achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l’essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l’existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons. La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires — non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d’épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être « producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l’unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L’ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l’économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. Pour les "produits" de haute nécessité Alors, quand le « prosaïque » n’ouvre pas aux élévations du « poétique », quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d’achat » ou « le panier de la ménagère ». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d’une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d’escorter les « produits de premières nécessités », d’une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d’une « haute nécessité ». Par cette idée de « haute nécessité », nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d’achat, relève d’une exigence existentielle réelle, d’un appel très profond au plus noble de la vie. Alors que mettre dans ces « produits » de haute nécessité ? C’est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d’entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd’hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion. D’abord, il ne saurait y avoir d’avancées sociales qui se contenteraient d’elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s’est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l’absence de pouvoir qui lui sert d’ossature. Le « déterminant » ou bien le « décisif » s‘obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n’arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L’éloignement, l’aveuglement et la déformation président aux analyses. L’imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu’est l’association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s’est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos « présidents locaux » pour s’en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s’obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s’arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs. Contre la logique du système libéral marchand Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d’acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu’une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l’accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d’une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement... Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l’autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C’est dans l’irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c’est dans la responsabilité que se trouve l’invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C’est dans la responsabilité que l’échec ou l’impuissance devient un lieu d’expérience véritable et de maturation. C’est en responsabilité que l’on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l’essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses. Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s’est étendu à l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C’est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l’insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l’immédiat ; mais l’illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du « Marché » et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par « l’esprit colonial » et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l’octroi de mer, ne sauraient endiguer. Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L’autre très haute nécessité est ensuite de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d’un sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu’il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l’élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l’ampleur du poétique. On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement. On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile. On peut endiguer les agences de l’eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d’un trésor qui appartient à tous. On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd’hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister. Enfin, sur la question des salaires et de l’emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu’il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d’œuvre. Quand il délocalise, ce n’est pas dans la recherche d’une main d’œuvre abondante, mais dans le souci d’un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n’est donc en rien illégitime : c’est le début d’une équité qui doit se faire mondiale. Quant à l’idée du « plein emploi », elle nous a été clouée dans l’imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l’ont accompagnée. Le travail à l’origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d’ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu’il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple « emploi », et l’unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s’est mis à n’ouvrir qu’à la consommation. Une vision du politique enchantée par l’utopie Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu’il redevienne un lieu d’accomplissement, d’invention sociale et de construction de soi, ou alors qu’il en soit un outil secondaire parmi d’autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d’arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu’à l’équation d’une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s’envisagera dans ce qu’il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu’il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s’envisagera en « tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ». Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l’ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l’étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n’existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l’infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité. Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l’imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l’esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l’artisanat, la culture et l’agriculture... Qu’il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu’il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu’il favorise tout ce qui permet d’entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C’est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l’ampleur des exceptions. C’est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C’est le gratuit en son principe qui devrait s’installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes... Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu’à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d’une plénitude de l’idée de l’humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s’ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres. An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l’utopie. Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l’instrumentalisant de la manière la plus étroite. Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l’individu, sa relation à l’Autre, au centre d’un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté. Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l’assistanat, en nous inscrivant résolument dans l’épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d’un rapport écologique global aux équilibres de la planète.... Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant.... Les signataires : Ernest BRELEUR Patrick CHAMOISEAU Serge DOMI Gérard DELVER Edouard GLISSANT Guillaume PIGEARD DE GURBERT Olivier PORTECOP Olivier PULVAR Jean-Claude WILLIAM

dimanche 8 février 2009

La république des corbeaux

Dénonciation d'une sans-papier
Vidéo envoyée par www-Piankhy-com

Garden-party le 14 juillet 2007. Tout fraichement élu, Sarkozy veut parler clair : "La dénonciation comme principe, cela me rappelle des heures très sombres de notre pays". En fait, il évoque l'affaire Clearstream où son nom est apparu. Il est très en colère, car être dénoncé sans preuve, c'est pas bien. Et on le comprend. 2008. Autre image, autre fait. Une fonctionnaire de la mairie du Ve arrondissement de Paris dénonce une femme sans-papiers qui était venue inscrire son enfant à l'école du quartier. Les associations protestent. Même Tibéri semble légèrement gêné... C'est vrai que certains ont dénoncé dans son arrondissement des électeurs... qui n'existaient pas. 2009. Nouvelle étape. le nouveau ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Eric Besson, promet un titre de séjour aux sans-papiers qui dénonceraient leurs passeurs. L'idée n'est pas nouvelle... Ministre de l'intérieur, un certain Nicolas Sarkozy avait fait des promesses identiques aux prostituées sans-papiers exploitées par des filières d'esclavagistes. Le sinistre Frédéric Lefebvre en remet une couche, déclarant que "la dénonciation est un devoir républicain". Et indiquant que "si la délation est condamnable car se faisant au détriment des gens honnêtes, la dénonciation est un devoir républicain prévu dans la loi et permettant de lutter contre les délinquants". Notre fameuse fonctionnaire de la mairie du Ve aurait donc dû recevoir une prime, voire changer d'échelon, car son acte héroïque a sans doute permis de détecter une délinquante en devenir. C'est bien connu, "qui vole un oeuf..." Car c'est bien là le drame. Un tel raisonnement conduit à donner à chaque citoyen le pouvoir de discerner un acte illégal... Et d'attendre la juste récompense en retour. Cela coutera moins cher à l'Etat que de maintenir des fonctionnaires chargés de faire respecter la loi. Plutôt que des inspecteurs du travail, demandons donc aux salariés non déclarés de dénoncer leur employeur et ils auront un CDI. Ben en voilà une bonne idée pour lutter contre la précarité au travail. Créer une société de la peur, généraliser la suspicion, la méthode a été expérimentée partout, de tous temps. La Stasi en Allemagne de l'est et le maccartisme aux USA. La France aussi a connu ses heures de gloire dans l'art de la dénonciation, désormais érigée en vertu républicaine. C'était durant "les heures très sombres de notre pays", pour reprendre les mots justes de... Nicolas Sarkozy.

Quand Renault roule pour Sarko

Zapping videos et photos CGT Renault Sandouville
Vidéo envoyée par cgt-sandou

Chacun se souvient de ces images tournées à Renault Sandouville, près du Havre. Sarko refuse de rencontrer les grévistes. La France qui se lève tôt, très peu pour lui. Un président qui se fait élire sur la question du pouvoir d'achat, mais qui reste sourd aux revendications et à la douleurs des ouvriers qui sont sur le carreau. Un président autiste, qui sanctionne préfet et commissaire dès lors que les sifflets se font trop entendre. Vous ne rêvez pas... nous sommes en république démocratique française. Ces images sont à mettre en parallèle avec d'autres qui nous assènent un message autrement plus positif : "La France avance, Renault accélère". Vous avez reconnu le slogan publicitaire de la marque. Et là, on se pince... Ah bon, la France avance ? Vous l'avez rencontrée, vous, la France qui avance ? Pouvoir d'achat en berne, le chômage qui explose, le commerce extérieur qui n'en finit pas de creuser, la pauvreté qui s'installe, la précarité qui se généralise. C'est sans doute ça, la France qui avance. En mars 2008, Carlos Ghosn, patron de Renault, déclarait : "2008 démarre fort". A l'époque, il affichait un optimisme à toute épreuve : augmenter de 10% les ventes. On connait la suite : en 2008, les ventes de Renault ont chuté de 4,2%. Les périodes d'arrêt de la production se multiplient, à Flins, à Sandouville, partout. Plus de 1000 ouvriers brésiliens subissent 5 mois de "suspension d'activité". Et Renault enregistre une baisse de 50% de sa production en Europe occidentale. Mais non, tout cela ne compte pas, dans la France de Ghosn et de Sarkozy, seule compte l'écume. "La France avance, Renault accélère". Tant pis pour la casse. Le grand patronat au secours du petit Bonaparte. Les grandes firmes relayant la publicité gouvernementale. Et personne ne trouve rien à redire.

mardi 27 janvier 2009

Malgré ses détracteurs, le Pacs fête ses 10 ans

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Vidéo envoyée par fiuuu

Le Pacs a 10 ans. Et, 10 ans plus tard, force est de constater que ce contrat n'a pas déstabilisé l'institution du mariage. Rares sont maintenant les députés de droite qui montent au créneau. Certains plaident même pour de nouveaux droits. Mais il serait bien rapide de rassembler au sein de l'actuelle UMP toutes les réticences à cette avancée législative. Chacun se souvient le peu de motivation de certains députés de gauche à assumer ce texte. Certains avançaient des arguments juridiques plus ou moins valables. D'autres ne parvenaient pas à dissimuler leur opposition à accorder à tous les couples les mêmes droits. Et en privé, ne masquaient pas leur nature homophobe. Tout cela appartient au passé... C'est en tous cas ce qu'on voudrait croire... Mais chacun sait ce qu'il en est !