lundi 12 mai 2008

La presse libre stresse le président

Voilà donc le bouc-émissaire : si la France va mal, si la croissance est en berne si l'inflation repart, si le président ne parvient pas à enrayer sa chute dans les sondages, c'est la faute à l'AFP. L'Agence France Presse, coupable de traîner des pieds dans une république où les médias devraient être plus conciliants avec le pouvoir en place.

La ministre de la culture, Christine Albanel, est sortie de sa réserve pour annoncer son intention de rendre obligatoire la publication par l'AFP des communiqués de presse émanant des partis politiques et des syndicats. La société des journalistes de l'AFP a aussitôt protesté, indiquant que le rôle de l'agence consistait à vérifier une information et à la resituer dans son contexte ! Ben oui, madame la ministre, le journalisme a encore quelques règles déontologiques...

Malgré ces protestations, le projet semble ficelé. Il prendra la forme d'un article dans le cadre du projet de loi, initialement prévu pour protéger les sources des journalistes.


Qu'on ne s'y trompe pas : il s'agit là d'une volonté d'intimider les journalistes, à un moment où la presse écrite ne se porte pas bien.


Pour Nicolas Sarkoy, la contestation est devenue insupportable. Il est vrai que jamais les connivences entre le pouvoir politique et les médias n'ont été à ce point obscènes.


Doit-on rappeler que Martin Bouygues et le parrain du fils de Nicolas Sarkozy. Bernard Arnault, dont le groupe possède La Tribune et Radio Classique était son témoin de mariage. Srge Dassaut, qui possède plusieurs titres dont Le Figaro, est sénateur UMP, tandis que son fils est député du même parti. Arnault Lagardère est aussi dans cette garde rapprochée du président, contrôlant Europe 1, Europe 2, RFM et Paris Match.


Depuis l'arrivée de Sarkozy à la tête de l'Etat, Alain Genestar, directeur de Paris Match, a été lourdé pour avoir publié une photo de Cécila en escapade amoureuse. Le ménage se poursuit au Journal du Dimanche, avec l'éviction de Jacques Espérandieu.

2 commentaires:

Chris de Servant a dit…

Nous sommes un certain nombre a penser que la mode et la politique ne sont qu'un éternel recommencement.A tort ou à raison, c'est à chacun d'entre-vous de vous faire une idée.
Suite à ton article Pierre, je me demandais qui allait être notre "Joseph Goebbels" à nous dans les prochaines années. Je n'ai pas de nom à mettre sur ce poste qui sera prochainement créé dans le cadre du futur ministère de "l'éducation du peuple et de la propagande".
Politique fiction ?? Je ne crois hélas !!!
Entrons en résistance, dés aujourd'hui !!!

A suivre ...

Chris de Servant a dit…

Le récent tir de barrage du Magyar locataire de l'élysée contre l'AFP (Agence France Presse) m'a interpelé sur le statut de cette agence de presse, la troisième mondiale par ailleurs.
Si l'agence est bien issue de l'OFI (Office Français d'Information) crée sous le gouvernement de Vichy, elle est autonome depuis le 10 Janvier 1957.
L'AFP ne dispose pas de capital, ni d'actionnaires, seulement de dotations de fonds propres.
Son statut particulier l'autorise à ne pas avoir de directeur de la publication. Elle échappe donc au système classique de la responsabilité pénale en cascade prévue par la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Le PDG de l'AFP n'est pas pour autant responsable des écrits de ses agenciers.
C'est bien celà qui pose problème à Sarko, cet espace de liberté difficilement contôlable. Il va essayer de faire entrer l'agence dans le giron de la presse qui lui cire les pompes!!
La majorité des journalistes de l'agence est constituée de personnes intègres, ça devrait faire des étincelles. Osera-t-il le passage en force??? C'est bien probable !!!!
Espérons qu'une majorité du personnel fera sienne cette pensée de René Char : "Ne te courbe que pour aimer...."
J'en doute quand même !!!
A suivre......