L'affaire pourrait se transformer en véritable boomerang : censée déstabiliser Ségolène Royal à quelques mois du congrès du PS, l'opération met au grand jour le profil de ce très proche conseiller de Nicolas Sarkozy et les collusions entre le pouvoir actuel et les médias. En quelques jours, Libération, Marianne et bon nombre de sites Internet (Agoravox, Rue 89...) lèvent le voile sur ces relations dangereuses entre politique, information et affaires économiques, un triptyque dans lequel évolue sans complexe le député des Hauts-de-Seine. Dans le livre Députés sous influences (Fayard), on apprend qu'il est l'actionnaire majoritaire d'une société de lobbying, Perroquet Institutionnel Communication (PIC conseil). En 2005, Pic Conseil s'est rapprochée d'une autre société de conseil, Causalis, que préside Jean-Michel Arnaud. Ce « jumelage » a donné naissance à Domaines publics, une structure dont les clients sont le cigarettier Altadis, les casinos Lucien Barrière, le groupe Bouygues, etc.
Rassurez-vous, le CV de Frédéric Lefebvre n'en est qu'à ses débuts. Dans Libération, on apprend que le député UMP a mis en branle le Club parlementaire sur l'avenir de l'audiovisuel (CPAA) pour alimenter les travaux de la commission Copé qui cogite officiellement sur l'évolution de l'audiovisuel public. On retrouve ici bon nombre de députés (79 au total...), dont Olivier Dassault ou encore Patrick Balkany. Le CPAA a choisi de concentrer ses réflexions sur deux thèmes, dont l'un annonce clairement la couleur : « nouveaux formats et espaces de communication » doit permettre aux marques d'accompagner les programmes télévisés de façon dynamique, originale et créative, hors écrans publicitaires. Autrement dit, il s'agit de compenser la perte d'influence que pourrait engendrer la limitation de la publicité sur les chaînes publiques. Dans le Figaro, le 23 janvier, Lefebvre plaide ainsi pour une multiplication par 3 des recettes des parrainages, solution préconisée également par un autre communicant, Jacques Séguéla, qui avait rejoint durant la campagne présidentielle le clan sarkoziste.
Aujourd'hui, Lefebvre est porte-parole de l'UMP. Un porte-parole qui fait de lui l'interlocuteur privilégié des médias, médias qu'il côtoie à l'Assemblée nationale dans son club parlementaire... Bref, tout ce petit monde tourne en rond. On comprend mieux dès lors pourquoi ce personnage influent de la République sarkoziste est prêt à utiliser tous les moyens pour mettre les médias au pas de l'Elysée.

1 commentaires:
Et oui Pierre encore un exemple s'il en était besoin de la main mise du fric de droite sur les médias et le reste.
Comme je le disais, la méthode RPR a encore de beau jours devant elle. Même si aujourd'hui il se nomme UMP !!!
Si l'on regarde les participations croisées dans les conseils d'administrations qui brassent le plus de fric en France, il n'y a pas grand monde. Ils "travaillent" tous main dans la main. En Italie ils appellent ça la "mafia". En France une majorité pense encore que c'est du "Canada dry" de mafia !!!
Et pourtant !!!!
A suivre ......
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