Impossible de ne pas évoquer ce qui se prépare à Reims, alors que les militants socialistes ont placé la motion de Ségolène Royal nettement en tête. Dans le Puy-de-Dôme, la fédération du PS devra vraisemblablement apprendre à travailler autrement, ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle. Aucune motion n'a la majorité à elle seule. Le temps où quelques-uns faisaient la pluie et le beau temps (mais surtout la pluie) semble révolu. Reste à mettre en place la nouvelle équipe fédérale. J'espère que les appels au rassemblement de tous seront entendus autour d'un vrai projet de rénovation. Sur le plan national, certains semblent vouloir à tout prix destabiliser le parti socialiste, le plonger dans une grave crise. Face à de telles démarches, le sondage publié par Le Figaro ce matin m'a fait sourire car il est riche d'enseignements...
La question est simple : si le premier tour de la présidentielle avait lieu demain, pour qui voteriez-vous ? Trois candidats socialistes sont testés, Royal, Aubry, Delanoë. A leurs côtés, on retrouve l'inoxidable Laguiller, le fringant Besancenot, Buffet, Bové, Voynet, Bayrou, Le Pen, Sarkozy et de Villiers, bref, les acteurs de la dernière présidentielle.
Avec l'hypothèse Royal, la candidate socialiste se hisse à 24%. Avec le maire de Paris, on retrouve les 18% de Jospin en 2002. Avec Martine Aubry, le PS dégringole à 16%, derrière Bayrou.
Je vous vois déjà venir... On choisit un premier secrétaire, pas un candidat. C'est vrai. Mais ce n'est pas rien de voir l'espace que va laisser à nos concurrents le Parti Socialiste dans les années qui viennent.
Aubry a fait du refus de toute discussion avec le Modem son cheval de bataille, fermant les yeux sur ce qu'elle a pratiqué à Lille. Résultat : le Modem réalise son meilleur score avec Aubry aux commandes, éliminant dès le premier tour le candidat PS... un scénaro improbable, stupide, invraisemblable, et pourtant dans toutes les mémoires.
Delanoë tape comme un sourd sur Besancenot, suspecté de frayer avec les terroristes. Résultat : Besancenot obtient, dans ce sondage, 12% des voix si Bertrand portait notre drapeau.
Ce sondage en réalité donne une certaine crédibilité à la stratégie Royal. Pour marginaliser demain le Modem, il ne faut pas le diaboliser et le mettre au coeur du débat, ce que font, depuis des mois, Hamon, Delanoë et Aubry. Et pour contenir l'extrême gauche, il ne faut pas lui courir après.
Cette leçon élémentaire de stratégie semble bien loin des réflexions de nos têtes dirigeantes. Dans les couloirs de Reims, les éminences grises seront à la manoeuvre. Nous conduisant, comme toujours, droit dans le mur.
vendredi 14 novembre 2008
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4 commentaires:
Un goût amer, voilà ce qu'il nous reste, à nous sympathisants "engagés", après ce congrès de Reims.
Entre "chronique d'une mort annoncée" et acharnement thérapeutique, voilà une bien piètre alternative, qui ne peut déboucher que sur une mort clinique de notre P.S.
Il est où le changement? Ils sont où les quadras? Hamon,Peillon,Drey,Camba,Mosco etc... il y en a plein des têtes neuves et bien pleines!!
Il va falloir vous réapproprier le parti,vous les militants.Il va falloir avoir une ligne politique claire, lisible, et à gauche, sinon nous allons bouffer du Sarko pendant un bon moment!!! Le parti n'est pas le jouet de quelques "apparatchiks" combinards, a mille lieues des vrais problèmes journaliers des Français.
A ça oui Pierre tu as raison, il va falloir apprendre a travailler autrement !!!! Vite !!!
Avant jeudi ? Un peu court? Non?
Ah ! vous êtes là, Chris... On commençait à s'inquiéter.
Allons-y pour le changement et surtout pour une véritable prise en compte des problèmes des français! que peut on espérer de Bayrou, franchement! le PS manque à ce point d'intérêt pour le peuple qu'il va s'accommoder de la tiédeur de cette molle mouvance toujours prête à s'aligner à droite? ALORS POURQUOI ËTRE AU PARTI SOCIALISTE? en fait il s'agit surtout de rechercher des alliances électoralistes non? peu importe le fond et l'idéologie pourvu qu'on soit élu! mais ne cherchons pas à moraliser!
toujours et encore en colère! vive Benoit Hamon qui nous apporte un peu de fraicheur, puisque les "anciens" ont perdu la boussole les jeunes vont peut-être rectifier le tir!
Pour la fraîcheur, c'est un peu raté... Et qu'on ne nous dise pas que c'est dans les vieux pots qu'on fait la bonne soupe : c'est plutôt de basse cuisine qu'il faudrait parler ici.
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