mercredi 27 août 2008

Jean-Hugues Bourgeois, malmené

Ce matin, chacun pourra lire dans le journal La Montagne la situation difficile dans laquelle se trouve Jean-Hugues Bourgeois, jeune agriculteur qui tente de s'installer à Teihlet pour développer une exploitation caprine. Incendie de sa grange, abattage de ses 10 chèvres, lettres anonymes et menaces en tous genres : visiblement, son arrivée ne fait pas que des heureux. Face à ce climat indigne de notre tradition républicaine, si fortement ancrée dans notre terre des Combrailles, face à ces attaques nauséabondes et à ces agissements scandaleux, on ne peut qu'espérer que les auteurs de ces faits seront identifiés, poursuivis et condamnés. Il est du devoir de chacun, élus locaux, militants syndicaux, politiques et associatifs, citoyens de tous horizons, de dénoncer ce qui se passe depuis des mois et de rompre la loi du silence. Jean-Hugues Bourgeois indique qu'il a reçu le soutien clair de la mairie de Saint-Gervais-d'Auvergne. Espérons que les élus du canton de Menat, toutes tendances confondues, rejoindront ce mouvement de solidarité afin de donner une image plus digne de notre territoire.

lundi 25 août 2008

Faut-il ménager le nucléaire ?

La nouvelle passe presque inaperçue, tant elle parait banale en cet été 2008. Une nouvelle fuite d'uranium a été détectée, cette fois-ci à Pierrelatte. Une canalisation enterrée serait en cause. Et, bien sûr, les quantités seraient minimes. Bref, tout va bien, dormez tranquilles. Les incidents à répétition qui se sont produits montrent en tous cas à quel point nos dirigeants politiques et les responsables de la filière nucléaire ne parviennent pas à renouveler leur communication. Plutôt que des communiqués de presse rassurants et la chasse aux lampistes, ils seraient bien inspirés d'engager enfin un vrai débat public sur l'avenir du secteur énergétique en France. Le vieillissement de nos centrales nucléaires est un problème majeur. On se souvient de la campagne présidentielle et des remous qu'avait provoqués Ségolène Royal lorsqu'elle avait émis l'hypothèse d'une fermeture d'un site. L'opacité règne sur nos centrales, et, privatisée ou non, EDF reste un Etat dans l'Etat. L'information des élus locaux et de la population n'est pas la préoccupation première... A une autre échelle, comment ne pas être surpris devant le déficit d'uinformation sur les lachers de barrage sur la Sioule ? Tant pis pour les touristes qui ont réservé une descente en canoë et qui, arrivés sur place, constatent que la rivière n'est pas pratiquable. La loi du plus fort s'impose à tous.

La crise énergétique, qui n'en est qu'à ses débuts, devra pourtant conduire à une nouvelle gouvernance, avec une véritable évaluation des politiques publiques, des choix engagés et de leurs conséquences. Une chose est certaine : cette réforme, indispensable, aura encore plus du mal à s'engager si le secteur de l'énergie est livré corps et âme aux lois du marché (cela étant, comment ne pas constater que le secteur public oublie trop souvent son devoir d'exemplarité....). L'autre enseignement de ces incidents à répétition, c'est que l'Etat doit rester un acteur central de la production et de la diffusion d'énergie, au nom de l'égal accès à l'énergie et au nom de la sécurité. Or, après EDF, le gouvernement rêve d'engager la privatisation d'Areva. La mise à jour des dysfonctionnements n'est sans doute pas innocente pour préparer l'opinion. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage...

vendredi 22 août 2008

Comment ménager le Dalaï Lama... et la Chine ?


Ce vendredi, Carla Bruni-Sarkozy, flanquée de Bernard Kouchner et de Rama Yade, a assisté dans l'Hérault à la consécration d'un temple bouddhiste. Dans son sillage, 200 journalistes. Un convoi exceptionnel censé faire oublier les errements de la diplomatie française, incapable de définir une ligne claire, alors que la répression suit son cours au Tibet.
Ces images formatées pour la télévision seront-elles suffisantes pour effacer ces longues semaines durant lesquelles la France a choisi de faire passer au second rang ses exigences en matière de défense des droits de l'homme ?
Sans doute... L'image est belle, apaisante, souriante, aimable. Mais au fond, quel est le message de cette manifestation ? S'agissait-il, pour la République française, d'apporter un soutien sans faille à la cause tibétaine et de dénoncer les violences de l'armée chinoise ? Rien dans ces images ne laisse entrevoir le commencement d'un tel courage politique. En fait, L'Élysée a choisi de témoigner sa sympathie à une religion, à une spiritualité parmi d'autres, évitant soigneusement tout échange politique sur la situation du Tibet. Dans une France laïque, on est en droit d'attendre des représentants de la République et de leurs conjoints une attitude moins people, un discours moins ambigu, bref, des actes plus courageux.