lundi 27 octobre 2008

Risquer plus pour gagner moins

Il fallait oser ! Alors que les bourses mondiales s'effondrent, le ministre du Travail Xavier Bertrand vient d'annoncer qu'il allait déposer un amendement dans le cadre d'un projet de loi examiné par les sénateurs, pour permettre à tous les salariés de bénéficier de stock-options ou d'actions gratuites ! Le tout destiné, bien sûr, à faire en sorte de "profiter davantage des revenus de leur travail". Il y a quelques années, la disposition serait passée inaperçue... Allez, parions même que quelques voix à gauche auraient, une fois encore, approuvé. Après tout, on se souvient de l'action de nos ministres de l'économie dans le gouvernement Jospin... Seulement voilà, aujourd'hui, l'idée de Xavier Bertrand paraît presque obscène. Les salariés n'ont pas besoin de pochettes-surprise. Ils ont été bernés une première fois par le discours du "travailler plus pour gagner plus". On leur a promis des heures sup dans des entreprises qui sont confrontées à un ralentissement brutal de l'économie. Et voilà qu'ils devraient applaudir en recevant des "assignats" en guise d'augmentation de salaires. On pensait l'UMP guérie de ses tentations libérales : Xavier Bertrand nous rassure. La droite, c'est toujours la droite.

lundi 13 octobre 2008

Après la condamnation, la solidarité

Je reprends ici un commentaire mis en ligne sur ce blog, en profitant pour présenter mes excuses à Jean-Hugues, malencontreusement renommé Jean-Yves dans le sondage ci-contre ! Mais ce n'est pas la pire des misères qu'il a connues ces temps-ci. En attendant, passons de la condamnation à la solidarité. Ce sera la démonstration que, comme dit l'autre, nos vies valent plus que leurs profits...

Communiqué du paysan d’Auvergne du vendredi 10/10

Le coup est rude
Un cran de plus dans la violence… Ce sont 35 tonnes de foin bio, 10 tonnes de grain bio, 250 m2 de grange qui sont partis en fumée la semaine dernière sur l’exploitation de Jean-Hugues Bourgeois, à Teilhet. Des chiffres qui s’étalent dans tous les journaux, rappelant l’ampleur des dégâts pour ce nouvel installé.Mais au-delà des chiffres, c’est aussi un an de travail qui a été rongé par les flammes sous les yeux ahuris de l’éleveur, de sa famille et de ses voisins… La première année de travail de ce jeune agriculteur. Imaginez l’impact psychologique. Lui qui était si fier de cette première récolte réussie, tout comme il était fier de ses chèvres poitevines qui ont été abattues froidement en avril dernier. Lui qui était fier aussi d’avoir pu montrer à son entourage que non seulement, il avait la volonté de devenir paysan, mais qu’il en était capable, alors même qu’il était attendu au tournant par un monde agricole assez sceptique sur sa réussite.Le coup est rude. Difficile à accuser. Surtout quand il vient à la suite de tout une série de violences et de menaces de toutes sortes. Car peu de monde en doutait, l’incendie est bien « volontaire et donc très probablement d’origine criminelle », selon le procureur de la République à Riom.La solidarité, elle, se met désormais en place. La Confédération paysanne (nationale et départementale) vient de se porter partie civile pour « comprendre l’objet des pressions ». La Confédération paysanne du Puy-de-Dôme a également décidé de porter plainte contre X dans l’affaire. Elle lance aussi un appel à la solidarité. Bio63 et Auvergne Biologique, de leur côté lui apportent leur soutien, et « s’interrogent sur le silence et l’inaction surprenants de certaines organisations professionnelles et collectivités territoriales locales », alors même que la FNSEA est sortie de son mutisme pour condamner ces actes !Car au-delà de la solidarité matérielle qui jouera à plein, si l’on en croit déjà la mobilisation et l’émotion autour de cette affaire, c’est bien les coupables qu’il faut trouver. Et de façon urgente ! Qui peut bien être si sûr de son impunité qu’il peut froidement continuer à nuire à ce jeune homme ?

Appel à dons

La Confédération paysanne du Puy-de-Dôme lance un appel aux dons pour du foin et des céréales bio pour les troupeaux de Jean-Hugues. Pour tout don (en nature ou en espèce), merci d’écrire à Solidarité Jean-Hugues, Maison des paysans, BP 112, Marmilhat, 63370 Lempdes ou de téléphoner au 04 73 14 14 09. La Confédération paysanne organisera les chantiers de collecte et l’acheminement du fourrage. Chèques à l’ordre de Jean-Hugues Bourgeois.