Hier, première soirée devant France 2, sans pub. Résultat des courses : j'ai du m'endormir, une demi-heure plus tôt, devant
Compléments d'enquête... Sans doute la démonstration par la preuve que le contenu des programmes compte autant que les horaires de diffusion ! Pour le reste, que dire ? Je ne vais tout de même pas militer pour le retour du déferlement des lessives, des produits surgelés et autres promotions Sofinco. Les conseillers clientèle du Crédit agricole chantant du Michel Fugain peuvent ranger leurs partitions et leurs crédits revolving... Et tant pis pour Pierre Arditi, qui arrêtera pendant mes repas de me causer du Crédit Lyonnais, rebaptisé LCL pour faire oublier les années Tapie. Ben justement, Tapie, parlons-en... Car si la suppression de la pub sur la télévision publique peut se justifier dans le cadre d'un projet culturel avec un financement garanti, que penser de la programmation, le 25 décembre, de la pièce Oscar, massacrée par ce personnage de Monopoly (avec la case prison en prime). Triste spectacle d'une télévision aux bottes du pouvoir. Alors, dans cette période de voeux et de bonnes résolutions, en voici une, pas vhère : profitons de la suppression de la pub pour supprimer la télé, au moins un soir dans la semaine. Désintoxiquons-nous. Retrouvons, loin du petit écran et des tsunamis de larme de Jean-Luc Delarue, le sens du débat entre amis et de la solidarité de terrain, redécouvrons le plaisir de lire, d'écouter un opéra, d'aller au cinéma. Réapprenons à vivre en vrai, loin des consoles de jeu et des émissions de télé-réalité. Soyons fous, un soir sans Pujadas, sans Patrick Sébastien, sans Julien Courbet (si si, il est sur France 2), et même, un matin sans Lémergie, voire, après avis médical, un dimanche sans Drucker. Pourra-t-on survivre ? Aux dernières nouvelles, le service public sans pub va faire revivre... Patrick Sabatier. Vous vous souvenez ? C'était l'animateur culte de TF1 dans les années 1980, le gendre idéal, l'idole de la ménagère de moins de 50 ans, un type prêt à tout sacrifier sur l'autel de l'audimat, quitte à faire la promo d'un mage prétendant guérir les malades du Sida. Sabatier, ce sont les Guignols qui en parlent le mieux, résumant sa conception de la télévision et de la déontologie par un célèbre : "Kestananafout ? Tu prends l'pognon et puis c'est tout !". Merci France 2...