mardi 24 mars 2009

Les enseignements de deux ratés

A peine remis du pathétique et grotesque congrès de Reims, le Parti Socialiste peine à trouver le ton juste, et ce malgré son rassemblement. Deux exemples.
Le premier est la désignation des candidats aux prochaines européennes. La question n'est pas de savoir si la direction actuelle a été confortée ou désavouée. Le véritable enseignement, c'est qu'une très grande majorité des militants socialistes ne s'est pas déplacée. Quelles en sont les causes ? Une volonté de boycotter ? Un désintérêt pour la construction européenne ?
Le deuxième exemple est tout aussi éclairant. Ce dimanche avait lieu au Zénith un "grand" rassemblement pour dénoncer les atteintes aux libertés publiques. Le thème est plutôt fédérateur, avouons-le. Les images laissant entrevoir un Zénith quasiment vide ont là aussi montré que les militants ne s'étaient pas déplacés.
Il est intéressant de mettre en parallèle ces deux "événements". A mes yeux, ils illustrent une mutation du militantisme. En donnant largement la parole aux militants et aux citoyens, Ségolène Royal a fait entrer la démocratie participative dans la culture politique. Et tout ce qui est en retrait par rapport à cette liberté retrouvée est définitivement boudé par les militants.
On aurait pu en faire des acteurs du projet européen, on aurait pu, en amont, les associer au choix des candidats. Au lieu de cela, on présente des listes bouclées en leur disant que leur avis ne changera pas grand-chose. De la même manière, on aurait pu associer tous les militants dans la préparation d'une grande campagne de mobilisation pour la défense des libertés. Au lieu de cela, on les convie à venir assister à la présentation d'un livre déjà imprimé. Quel que soit l'intérêt de l'ouvrage, la méthode n'est guère mobilisatrice.
La proximité de ces deux ratés a sans doute un intérêt. Elle favorisera, espérons-le, une prise de conscience d'un appareil politique trop recroquevillé sur lui-même.

dimanche 1 mars 2009

Euopéennes : les militants socialistes doivent s'exprimer

Le 12 mars, les militants socialistes voteront. La démocratie ayant ses limites, ils sont amenés à approuver, ou non, les listes déjà validées par le conseil national pour les européennes... La liste de la région Centre, elle, brille par son déséquilibre. Cette région électorale est composée en réalité de trois régions administrative : l'Auvergne, le Centre, le Limousin. Aujourd'hui, trois députés socialistes européens sont représentatifs de cet équilibre : Catherine Guy-Quint pour l'Auvergne, André Laignel pour le Centre, Bernadette Bourzaï pour le Limousin. Visiblement, cet équilibre a été rompu, sacrifié sur l'autel des combinaisons de courants et de congrès.
Ayant promis un poste de député européen au premier fédéral du Nord lors du dernier congrès, la première secrétaire a provoqué un jeu de chaises musicales qui, chez nous, prend des allures de séisme.
Bras droit, ou bras gauche, de Fabius, Henri Weber quitte la Normandie pour être tête de liste dans notre région. Là encore, pas question de fâcher l'allié du congrès... Or les calculs sont simples : trois régions, trois députés européens socialistes, et vraisemblablement deux en juin prochain, car la moisson sera sans doute moins bonne... L'arrivée d'un candidat venu d'une autre région conduit naturellement une région à être sacrifiée. Le résultat : sur 5 titulaires et 5 suppléants, aucun représentant du Limousin dans la proposition qui sera faite aux militants. Très sérieusement, cette liste pourra-t-elle être celle qui sera finalement présentée devant les électeurs en juin prochain. Peut-on faire l'impasse sur le Limousin, de ce qu'il représente dans l'histoire de la gauche ? Pour moi, soyons clairs, il ne s'agit pas de faire barrage à un parachutage. Attention aux discours que véhiculent de tels réflexes. En revanche, nous devons dire que nous ne pouvons pas ignorer la juste représentation de nos territoires et que la liste validée par le conseil national n'est pas acceptable en l'état. Ignorer le Limousin, ce n'est pas seulement un signe de mépris. C'est une erreur politique grave alors que la tête de liste UMP est issue de cette région. Et ce serait une erreur stratégique profonde car ce territoire a besoin d'être défendu et entendu dans les politiques européennes. Réforme de la politique agricole commune, affirmation de l'identité du Massif central pour peser au niveau européen, défense des services publics à l'échelle européen, combat qui est porté avec force dans nos territoires, dans des départements tels que la Creuse.
Le 12 mars, je ne voterai donc pas cette liste. Et j'espère que, in fine, le conseil national reverra sa copie, pour que nous soyons enfin en mesure de bâtir l'Europe de tous les territoires, l'Europe de tous les citoyens.